Une femme qui prend une pause pendant une course

Doit-on continuer le sport pendant les règles, en cas de fatigue et de baisse d’énergie ?

Vous avez votre séance prévue depuis lundi, mais vos règles sont arrivées avec leur lot de fatigue, de ventre lourd et d’énergie en berne. Faut-il s‘accrocher à votre programme ou écouter votre corps ? La réponse n’est ni « toujours » ni « jamais », elle dépend de ce que traversent réellement vos hormones sur le cycle.

Pourquoi les règles font-elles chuter la performance sportive ?

Les deux ou trois premiers jours du cycle menstruel sont souvent les plus difficiles sur le plan physique. La chute brutale de la progestérone et des œstrogènes en fin de cycle entraîne non seulement les saignements, mais aussi une cascade de symptômes qui impactent directement vos capacités sportives : crampes, rétention d’eau, baisse de la température corporelle et diminution de la tolérance à l’effort.

Ce n’est pas une question de volonté. Des études sur la physiologie féminine montrent que la force musculaire maximale peut baisser de 5 à 10 % pendant la phase menstruelle. Le métabolisme énergétique change aussi : votre corps utilise moins efficacement le glycogène comme carburant, ce qui explique que vous « crachez vos poumons » plus vite qu’en milieu de cycle.

À cela s’ajoute souvent un déficit en fer lié aux pertes sanguines, surtout chez les femmes ayant des règles abondantes. Or le fer est directement lié au transport de l’oxygène dans les muscles. Moins de fer, c’est moins d’endurance,  et une fatigue qui ne répond pas au café ni à la bonne volonté.

Que devez-vous changer si vous continuer le sport pendant les règles ?

Bouger pendant les règles n’est pas une mauvaise idée en soi. Le mouvement stimule la libération d’endorphines, qui agissent comme des analgésiques naturels et peuvent atténuer les douleurs pelviennes. Une marche rapide, du yoga doux ou une séance de natation légère peuvent même réduire les crampes mieux que rester allongée.

deux jeunes femmes qui courent pendant leur règles

Mais « continuer à faire du sport » ne signifie pas nécessairement « continuer à la même intensité ». C’est là que beaucoup font fausse route. Vouloir maintenir ses chronos de course ou ses charges habituelles au squat pendant les deux premiers jours peut conduire à :

  • une récupération plus longue que d’habitude ;
  • un risque accru de blessure (les ligaments sont plus laxes sous l’effet des hormones) ;
  • un épuisement profond qui dure plusieurs jours après la séance ;
  • une aggravation des douleurs menstruelles post-effort.

L’idée n’est donc pas de se forcer à performer, mais de rester en mouvement si le corps le tolère, avec bon sens.

Comment adapter son entraînement selon le jour du cycle ?

Le cycle menstruel se divise grossièrement en quatre phases, et chacune correspond à une fenêtre d’entraînement différente. Pendant les règles (jours 1 à 5 environ), la priorité va à la récupération active et aux efforts modérés. La phase folliculaire qui suit (jours 6 à 13) est au contraire idéale pour les séances intenses : les œstrogènes montent, l’énergie aussi.

L’ovulation (autour du jour 14) représente le pic de forme physique du cycle. C’est là que la puissance anaérobie est la plus élevée, que la motivation est au top et que le corps supporte le mieux les charges lourdes. Puis vient la phase lutéale (jours 15 à 28), où la fatigue revient progressivement à mesure que la progestérone monte — avant de replonger au démarrage des règles.

Calquer ses séances sur ce cycle plutôt que sur un programme hebdomadaire figé, c’est ce qu’on appelle le cycle syncing. Quelques sportives de haut niveau l’expérimentent avec leurs coachs pour optimiser leurs pics de performance.

Quand la fatigue pendant les règles doit-elle alerter ?

Il y a une différence entre se sentir moins en forme pendant ses règles et être clouée au lit, incapable de faire le moindre effort sans ressentir une fatigue écrasante. Si c’est votre cas mois après mois, certains signaux méritent attention. Une anémie ferriprive non diagnostiquée est fréquente chez les sportives ayant des règles longues ou abondantes. Une simple prise de sang suffit à le vérifier. L’endométriose, le syndrome des ovaires polykystiques ou des troubles thyroïdiens peuvent également expliquer une fatigue disproportionnée par rapport à l’effort fourni.

Si vous remarquez que votre énergie s’effondre systématiquement à chaque cycle, que vos douleurs s’intensifient ou que la récupération devient anormalement longue, ces éléments ne doivent pas être mis sur le compte du « c’est normal, c’est les règles ». Ils méritent une consultation médicale sérieuse. Votre gynécologue ou votre médecin du sport pourra vous orienter vers des examens adaptés et, si besoin, vers une prise en charge qui change réellement votre quotidien sportif.

Ce texte a une vocation informative et ne remplace en aucun cas l’avis d’un professionnel de santé. Si vos douleurs menstruelles sont intenses, si votre fatigue persiste au-delà des règles ou si vos symptômes s’aggravent, consultez rapidement votre médecin. Chaque situation est différente, et seul un suivi médical personnalisé peut vous apporter des réponses adaptées.

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